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Grande Ecole du Numérique

Annoncée début 2015 par François Hollande, la Grande Ecole du Numérique (GEN) a pour objectif de proposer à des jeunes sans qualification des formations au numérique professionnalisantes sur tout le territoire. Concrètement, cela prend la forme d’un dispositif de labellisation attribué à des formations déjà existantes ou nouvellement créées. Lors du salon Educatec-Educatice, François-Xavier Marquis, l’un des auteurs du rapport ayant servi de fondation à la GEN, et Philippe Christmann, inspecteur général de l’Education nationale chargé de son pilotage, ont pu débattre avec des représentants de structures récemment labellisées. Comment la GEN s’articule-t-elle avec des formations qui existent parfois depuis plusieurs années ? Quels sont les principaux enjeux du dispositif ? Eléments de réponse.

 « Pourquoi une Grande Ecole du Numérique et quels liens avec les écoles existantes ? » : la problématique était au cœur d’une table ronde organisée au salon Educatec-Educatis qui se tenait à Paris du 9 au 11 mars. Un an après l’annonce officielle de sa création par François Hollande, les contours du projet deviennent plus précis.

=> A lire aussi sur RSLN : La Grande Ecole du Numérique, qu’est-ce que c’est ?

L’objectif ? Former 10 000 personnes d’ici 2017 pour qu’elles trouvent rapidement un emploi dans la filière numérique. Et 171 formations ont déjà été labellisées, note Philippe Christmann, inspecteur général de l’Education nationale chargé du pilotage de la Grande Ecole du Numérique. Parmi elles, Simplon.co représentée lors du débat par son co-fondateur Erwan Kezzar et la Web@cadémie, du groupe Epitech, et sa directrice Sophie Viger. Pour cette dernière, le constat est clair :

 « 140 000 jeunes sortent chaque année des circuits scolaires traditionnels. En parallèle, l’économie numérique a besoin de talents. » 

Donner à tous « le pouvoir d’apprendre et d’évoluer » 

La Web@cadémie s’appuie sur l’inclusion, concept fondateur du projet de la Grande Ecole du Numérique. Sa formation intensive de développeur web est destinée à des jeunes âgés de 18 à 25 ans qui n’ont pas le baccalauréat « pour leur permettre de raccrocher et d’aller vers des emplois porteurs et prometteurs ». Dit autrement : ouvrir une filière qui, il y a encore quelques années, n’était réservée qu’aux diplômés de l’enseignement supérieur. 

Même volonté chez Simplon.co, une formation destinée « en priorité à des profils que l’on croise trop peu dans l’univers du numérique : décrocheurs ou demandeurs d’emploi ». Toutefois, à la différence de la Web@cadémie, Simplon.co accueille également des diplômés du supérieur pour renforcer la cohésion sociale entre les différents apprenants et de remplir un vrai rôle d’« éducation populaire ».

Tant au niveau des profils concernés que des méthodes pédagogiques, la diversité est donc l’une des clés de voûte de la Grande Ecole du Numérique. Un point commun cependant chez les intervenants : tous veulent transmettre aux élèves la capacité d’« apprendre à apprendre », essentielle pour ensuite leur permettre d’évoluer.

Grande Ecole du Numérique

La labellisation GEN : de l’aide financière à la création d’une identité 

Le dispositif est adossé à des aides financières destinées à apporter aux jeunes une certaine sérénité.  « Cinq millions d’euros ont été débloqués », explique Philippe Christmann. « Dès la rentrée de septembre, les apprenants pourront obtenir des aides via les Crous. » Pour Sophie Viger, c’était indispensable. Même si la Web@cadémie s’appuie sur des partenaires privés et du mécénat pour proposer des formations gratuites aux les élèves, il faut également permettre à ces derniers de suivre 12 mois de formation intensive sans aucun revenu.

L’autre pari, comme le précise François-Xavier Marquis, l’un des auteurs du rapport ayant servi de fondation à la GEN, c’est de parvenir à faire que les institutions, l’administration, la collectivité, prennent en considération ces publics, la plupart du temps issus de milieux défavorisés ou ayant eu des parcours complexes. Que la formation leur redonne une « identité », essentielle pour l’insertion. Un aspect compliqué pour Sophie Viger, qui souligne qu’il s’agit de publics « très éloignés des institutions, blessés ». 

Dernier point et non des moindres : raccrocher les jeunes formés au monde de l’entreprise, but premier de cette Grande Ecole du Numérique.

« Plus la formation est liée à des projets réels d’entreprise, plus l’insertion est grande. Toutes les grandes entreprises sont intéressées : elles ont besoin de compétences rapidement, pour des projets qui vont très vite », explique François-Xavier Marquis. Néanmoins, comme le remarque Erwan Kezzar, certains employeurs continuent de vouloir recruter uniquement des profils d’ingénieur de niveau bac+5… D’où un besoin de sensibilisation des métiers des ressources humaines à ce nouveau type de formations.   

Des formations complémentaires au système scolaire traditionnel 

En sortant des circuits traditionnels, la GEN marque-t-elle l’échec du système scolaire ? Pour tous les intervenants, la réponse est non. Pour François-Xavier Marquis, « l’échec collectif est d’avoir privilégié un chemin unique. Il faut se battre pour que toutes les alternatives pédagogiques soient reconnues au même niveau ! ». 

La Grande Ecole du Numérique doit être vue comme complémentaire au circuit traditionnel. Erwann Kezar salue d’ailleurs l’agilité du projet :

« L’Education nationale a adopté une démarche de sourcing, en consultant les structures qui marchaient bien pour utiliser les leviers qui existent déjà. »

=> A lire aussi sur RSLN : « La grande Ecole du Numérique vient conforter, accélérer et soutenir ce qui est déjà en place chez Simplon »

Il reste cependant une attente forte, pointée par Sophie Viger : que toutes les formations porteuses du Label GEN puissent bénéficier de davantage de visibilité.