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Le Global Teacher Prize récompense l’innovation pédagogique et la qualité de l’enseignement. Pour sa troisième édition, quelque 22 000 enseignants de 179 pays ont déposé leur candidature ; parmi eux, la Française Marie-Hélène Fasquel-Erhart, professeure de littérature américaine au Lycée Nelson Mandela de Nantes. Son projet figure dans le top 50 des dossiers retenus, une première pour un enseignant français. Prochaine étape : se qualifier pour le top 10, mi-février, et, pourquoi pas, remporter le grand prix d’un million de dollars.

À la tête de l’un des plus importants réseaux d’écoles privées au monde, l’Indien Sunny Varkey a créé sa Fondation pour « construire un avenir dans lequel un enseignement de qualité sera à la portée de chacun ». Elle œuvre ainsi, à travers de nombreux programmes de construction ou de rénovation d’écoles dans le monde, à donner accès à l’éducation aux populations les plus défavorisées et à développer les aptitudes des enseignants.

Le Global Teacher Prize est le prolongement de cette démarche. Lancé par la fondation en 2013, il récompense « un enseignant à la fois innovant et attentif, dont l’influence a été source d’inspiration pour ses étudiants et son milieu ». Un jury composé de 190 personnalités internationales, parmi lesquelles six Français dont l’entrepreneur Pierre Kosciusko-Morizet, évalue les candidatures et décernera le Grand Prix lors de la finale, le 19 mars, à Dubaï.

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Une Française pour la première fois dans le top 50

Parmi les favoris de cette troisième édition, figure pour la première fois une Française, Marie-Hélène Fasquel-Erhart. D’abord professeure d’Anglais à Saint-Martin-Boulogne, dans le Pas-de-Calais, elle s’occupe notamment d’une « classe de la réussite  », c’est-à-dire une classe composée d’élèves en situation de décrochage scolaire qu’il faut remettre sur la voie du succès. « Ce ne sont pas nécessairement des élèves issus de milieux défavorisés, précise d’emblée l’enseignante. Et s’ils décrochent, ce n’est pas non plus parce qu’ils sont mauvais mais parce qu’ils manquent de confiance en eux et en leurs capacités. Ils ont simplement besoin d’être encouragés et, surtout, valorisés ».

En 2014, Marie-Hélène obtient sa mutation à Nantes et devient professeure de littérature américaine au Lycée International Nelson Mandela.

Classe inversée et nouvelles technologies

La méthode de Marie-Hélène s’appuie sur deux outils qu’elle juge complémentaires. La classe inversée permet d’impliquer davantage les élèves dans leur apprentissage ; quant aux nouvelles technologies, elles font partie de la vie professionnelle de Marie-Hélène depuis plusieurs années. À Saint-Martin-Boulogne, elle avait par exemple mis en place un projet autour d’eTwinning,  la plateforme européenne de collaboration entre établissements scolaires: ses élèves avaient  ainsi pu réaliser, en lien avec des élèves turcs et italiens, des livres électroniques sur le thème de l’environnement. Ce projet lui avait d’ailleurs valu d’être distinguée par l’UNESCO en 2013.

De nombreux autres outils tels que PowerPoint, Word, Sway, TED Ed, Padlet, SlideShare, Issuu, Kahoot, Quizlet, ou encore Popplet n’ont plus de secrets pour elle. Marie-Hélène et ses élèves les utilisent pour mettre en scènes, publier et partager leurs réalisations.

Et depuis qu’elle a remporté, en 2014, le Grand prix du Forum international de l’innovation de Barcelone, organisé par Microsoft, elle fait partie du programme « Microsoft Innovative Educator Experts », qui accompagne les experts éducatifs visionnaires au niveau mondial.

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Un million de dollars versé sur 10 ans

À Nantes, son projet s’intitule « La littérature autrement ». Marie-Hélène veut amener des auteurs étrangers dans sa classe… grâce à Skype. « L’idée, c’est que les élèves soient en contact avec les livres, mais aussi avec leurs auteurs. Je les contacte via les réseaux sociaux et la plupart accepte d’échanger en direct avec les élèves autour d’un livre ou simplement d’un passage », explique-t-elle. Kai Strand et Eric Price ont ainsi déjà virtuellement traversé l’Atlantique. D’autres auteurs sont prévus avant la fin de l’année.

Pour autant, ce n’est pas ce projet en lui-même qui vaut à Marie-Hélène de figurer dans le Top 50 du Global Teacher Prize. « On n’est pas retenu sur un projet mais sur une carrière, explique-t-elle. Le prix récompense quelqu’un qui est innovant et attentif aux élèves et dont l’influence est source d’inspiration pour les élèves et les collègues ».

Et si elle remporte le Grand Prix ? « J’utiliserai cet argent pour créer une association qui s’occupera des décrocheurs. Tous les jeunes ont un talent. J’aimerais aider à ce qu’on le découvre chez les décrocheurs. Cela peut passer par des méthodes pédagogiques alternatives. C’est mon rêve ».

Un rêve à un million de dollars.