Vous avez un projet ?

Contactez-nous
Recherche

Quels sont les enjeux du numérique dans l’enseignement supérieur ?

Améliorer la collaboration, gagner en productivité… Les établissements scolaires du supérieur sont aujourd’hui confrontés aux mêmes problématiques que les entreprises.

Comment faire pour amener les acteurs de l’éducation à embrasser la digitalisation ? Comment développer de nouveaux usages ? Microsoft pour l’Education s’est entretenu avec Frédéric di Gleria, spécialiste du secteur Education dans la start-up lilloise BeWe. 

Frédéric di Gleria, BeWe Avant de s’occuper du développement du secteur éducation chez BeWe, Frédéric di Gleria a été Directeur des systèmes d’information de SKEMA Business School, où il a notamment mis en place Live@Edu, l’ancêtre d’Office 365 Education, puis de Sciences Po Lille où il a implanté des outils collaboratifs comme Office 365, SharePoint et Yammer.

Qu’est-ce que BeWe ? Comment accompagnez-vous les acteurs du monde de l’éducation ?

BeWe est une start-up lilloise, installée au sein du pôle EuraTechnologies. Elle fait partie de la French Tech et s’insère dans ce que nous appelons la « Ch’tilicon Valley ». Nous sommes une entreprise de 25 personnes, spécialisées dans les systèmes d’information collaboratifs.

Notre objectif n’est pas uniquement de vendre de la technologie, mais plutôt d’accompagner les entreprises et établissements scolaires, particulièrement du secondaire et du supérieur, dans leur transformation numérique et dans l’adoption de nouveaux usages.

Notre démarche se déroule en trois temps :

  • Une phase de conseil et d’assistance à la maîtrise d’ouvrage ;
  • Une phase d’intégration en mode agile, avec les technologies Microsoft ;
  • Une phase d’accompagnement au changement et de support.

Pour ce qui est de la méthodologie, nous n’avons pas vocation à créer un « big bang » au sein de l’établissement ou de l’entreprise dans lesquels nous intervenons : nous préférons y aller par itérations pour accompagner au mieux nos clients dans leur transformation numérique et faciliter l’adoption.

Euratechnologies à Lille

Euratechnologies à Lille

Justement, à quels enjeux numériques le secteur de l’éducation est-il confronté ?

Le secteur de l’éducation est la première de nos verticales car nous avons identifié un vrai besoin dans ce domaine. Si on parle de mondialisation depuis de nombreuses années déjà, c’est en regard de l’économie, mais elle s’applique également à l’enseignement supérieur…
Aujourd’hui et de plus en plus, les notions de concurrence, de compétitivité et d’attractivité ne s’appliquent plus qu’aux seules entreprises ! C’est dans cette optique que l’on assiste à des regroupements d’écoles, comme SKEMA Business School, issue de la fusion entre l’ ESC Lille et le CERAM, NEOMA ou certaines écoles d’ingénieurs comme CentraleSupélec.

Ces fusions sont essentielles pour que les écoles existent au niveau international, d’une part parce que les budgets ne sont pas illimités, d’autre part parce que les accréditations internationales et les classements internationaux comme celui du Financial Times, majeur pour les écoles de commerce, sont de plus en plus cruciaux.

Pour ce faire, les écoles ont besoin d’augmenter leur productivité, leur agilité, et donc leur collaboration. Nous partons du principe que 1+1=3, c’est-à-dire que la collaboration crée de la valeur ajoutée, donc accroît également l’attractivité, tout comme la motivation des personnels. C’est exactement la même problématique que pour les entreprises, il faut « décloisonner les silos ».

Concrètement, comment cela se traduit-il dans le domaine éducatif ?

Les publics concernés sont la génération Y et surtout celle qui suit, la génération alpha, née avec les smartphones. Pour ces deux générations, le numérique est une lame de fond, qui a commencé dans les pays anglo-saxons et qu’on ne peut pas occulter : les manières d’enseigner changent avec les MOOC, la pédagogie inversée, l’enseignement à distance, la collaboration, marquant la fin d’un enseignement « traditionnel » descendant d’un professeur face à un amphi de 300 élèves… Finalement, on passe d’une logique d’enseignement à une logique d’apprentissage.
Les étudiants d’aujourd’hui sont ceux qui seront sur le marché du travail demain, qui chercheront un emploi. Dans un contexte où les entreprises changent, il est indispensable que les étudiants acquièrent un certain nombre de compétences numériques, qui devient un facteur de compétitivité sur le marché du travail aussi : à niveau égal, un employeur préférera embaucher un jeune rôdé aux outils numériques et collaboratifs. Ce n’est d’ailleurs pas que l’apanage des grandes écoles : toutes les formations professionnalisantes du secondaire et les universités sont concernées.
Enfin, il faut noter qu’un établissement ayant réussi sa transformation numérique attirera davantage d’étudiants étrangers, ce qui est un plus en termes de compétitivité.

Comment répondez-vous à ces problématiques ?

Notre force, c’est que nous partons de l’usage et non de la technologie. L’idée est d’impliquer très tôt les utilisateurs, et d’y aller pas à pas : c’est comme ça que nous parvenons à les emmener. Nous essayons de comprendre au mieux leurs besoins pour savoir comment y répondre : par les plateformes Microsoft, notamment Office 365, Yammer ou encore SharePoint, selon l’objectif visé.

De manière générale, l’email reste un moyen de communication majeur dans les établissements de l’enseignement supérieur : Office 365 permet de gérer cette partie messagerie, en rajoutant une couche collaborative avec des services comme les calendriers partagés, OneDrive et Office Online, qui permettent à plusieurs personnes de travailler sur un même document, même à distance. Cette solution offre donc la possibilité aux étudiants, aux professeurs, aux responsables pédagogiques, à l’administration de communiquer et de travailler ensemble.

Comme les entreprises, les populations du secteur de l’éducation sont concernées par le BYOD (« Bring your own device » ou « Apportez vos appareils personnels ») et la mobilité : l’idée est de leur proposer de travailler en tout lieu, et sur n’importe quel terminal. Fini le temps où l’on consultait sa messagerie sur un gros PC dans une salle informatique ! Aujourd’hui, les exigences sont celles de l’ATAWADAC : any time, any where, any device, any content (tout le temps, partout, sur n’importe quel terminal, quel que soit le contenu). La notion de connexion est également très importante, d’où l’importance d’outils inclus dans la solution 365, comme Skype for Business.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

Je pense notamment au projet RENAISSANCE, 4ème édition de lille3000. Mandaté par la mairie, un groupe d’étudiants de Sciences Po Lille a créé un événement, baptisé « Patelin 2.0 » : un projet au long cours puisqu’il a duré un an. Nous sommes intervenus au tout début, car les étudiants étaient en mode gestion de projet très classique, devant communiquer à la fois en interne, avec les diverses parties prenantes comme la mairie, mais aussi avec les fournisseurs, les artistes… Et commençaient à éprouver des problèmes de communication, de partage de fichiers ou encore de gestion du planning.
En partant, encore une fois, de l’usage, nous avons donc créé une collection de sites SharePoint pour permettre au groupe de travail de partager les documents, de les modifier en temps réel et gérer les projets. Nous avons rajouté un fil de discussion Yammer pour que tout le monde puisse communiquer sur une plateforme unique. Nous avons également formé les administrateurs de Sciences Po Lille, très rapidement, en appliquant les méthodes agiles qui sont celles que nous mettons en œuvre avec tous nos clients. Le retour d’expérience a été extrêmement positif, la responsable du projet nous ayant même dit que, sans ces outils, ils n’y seraient jamais arrivés !

Autre exemple : ISA Lille (Institut Supérieur d’Agriculture) nous a confié le développement de son intranet. L’objectif était d’améliorer la communication entre l’école, les professeurs et les élèves et de fournir aux professeurs comme aux élèves des outils collaboratifs pour une pédagogie innovante (Office Mix, SharePoint ou Yammer, Skype, OneNote…). Le projet a commencé par la migration de toutes les boîtes aux lettres vers Office 365 en décembre : souvent, la messagerie est un premier pas vers davantage de collaboratif.

Quel accueil les populations du secteur réservent-elles aux outils numériques ? Rencontrez-vous des réticences ? Et si oui, comment les levez-vous ?

De façon classique, il y a toujours une peur du changement, car les personnes chez qui nous opérons dans l’enseignement ont été habituées à travailler d’une certaine manière, avec certains outils depuis parfois dix ou quinze ans sans outils collaboratifs…

Il y a toujours une angoisse de ne pas savoir faire, c’est pourquoi nous impliquons les utilisateurs au plus tôt, pour qu’ils soient acteurs du changement. Ensuite, nous rajoutons la petite couche technologique Microsoft pour traiter l’usage. Combien de fois avons-nous constaté que des milliers d’euros étaient dépensés pour s’équiper en outils, sans avoir l’adhésion des publics derrière ? C’est vraiment ce que nous voulons éviter.

En ce qui concerne la formation, nous ne sommes pas adeptes des longues sessions de trois ou quatre heures, nous travaillons davantage sur des sessions de formations courte et de la communication, en développant un storytelling d’usage en mode agile, bien loin du cahier des charges traditionnel.

De plus, nous avons la chance de pouvoir produire des vidéos en interne, via notre Studio BeWe, qui apporte un vrai plus en termes d’expertises. Ce sont de petites vidéos explicatives de 2 minutes à 2 minutes 30, pas plus (annoncer le changement, cas d’usages et tutoriels).

Enfin, nous essayons aussi d’utiliser des learning games, qui sont ludiques et qui ne durent que 120 secondes, pour aborder des points précis, comme l’utilisation des calendriers partagés. Nous visons une population estudiantine, donc plutôt jeune : autant qu’il y ait un côté sympa !