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Et si le numérique permettait de changer la façon d’apprendre ? C’est l’idée que défend la lycéenne Zoé Barbé dans une longue lettre adressée au Centre de Recherches Interdisciplinaires et publiée sur The Conversation France.

L’échec en première année universitaire est souvent dû à une mauvaise orientation. Et si les MOOCs (Massive Open Online Courses) pouvaient permettre d’y pallier ? Voici ce qu’écrit Zoé Barbé :

« Il est dommage que ces cours soient éclipsés et non enseignés au lycée. Beaucoup de mes amis ont abandonné l’université parce qu’ils pensaient qu’ils aimeraient un sujet et ont réalisé par la suite que ce n’était pas leur voie. Cette situation pourrait être évitée si nous avions eu une introduction aux cours que nous [voulions] suivre à l’avenir. »

Mais leur utilisation pourrait même aller plus loin qu’un simple rôle introductif. Zoé Barbé imagine ainsi qu’ils puissent devenir des supports pédagogiques de base pour les cours au lycée, au service de l’interaction :

« Ces MOOCs ne [seraient] pas non plus une compilation de vidéos simples qui vous oblige à être assis sur votre chaise et simplement écouter en prenant des notes. Chaque cours que nous suivrons mènera à des débats et des discussions en classe. »

Un bon moyen de favoriser la participation active des élèves, mais aussi de les entraîner à la prise de parole.

Les MOOCs et l’ensemble des outils numériques permettent d’aller vers plus d’horizontalité dans les hiérarchies, ce qui sous-entend une refonte du rôle des professeurs :

« Le rôle d’un enseignant était jusqu’à aujourd’hui celui de transmettre la connaissance. Nous devons donc accepter que le rôle d’un professeur doive évoluer et changer. Il devrait être celui d’un facilitateur socratique plutôt que celui d’un maître qui impose un savoir. »

Un constat partagé par Olivier Quinet, professeur d’histoire-géographie, interrogé en juin 2015 par RSLN :

« Si on ne change pas de pratiques, on passe à côté de l’outil et de son potentiel. »

» A lire aussi : L’utilisation du numérique en classe induit un changement profond de pédagogie

La «lettre de Zoé» a fait réagir le monde enseignant et étudiant, et le site The Conversation a commencé à publier une première réponse, celle de Benoit Aubert, directeur du développement du Pôle universitaire Léonard de Vinci, qui souligne que certaines des attentes de la lycéenne sont déjà prises en compte, surtout par l’enseignement supérieur :

« Tes idées témoignent (…) de ton goût pour des pédagogies nouvelles, ludiques et basées sur les technologies. Les Moocs pour lycéens sont à l’évidence une bonne idée, faisant d’ailleurs l’objet de réalisations, tant pour s’initier aux mathématiques, que pour s’orienter ou découvrir des thèmes plus généraux. Beaucoup d’entre eux sont abordables par des lycéens, même si leur forme n’est pas forcément des plus ludiques. »

« Pour parler jeu, de nombreuses initiatives existent comme les “serious games” (utiliser le jeu pour apprendre sur des choses sérieuses) ou les challenges entreprises. Si certains sont exclusivement réservés aux étudiants de l’enseignement supérieur, d’autres sont accessibles à des publics du secondaire.

Ils te permettent de te frotter à de vraies problématiques d’entreprises. Dans une approche encore plus pratique, un bon nombre d’établissements seront heureux de te faire découvrir des lieux exceptionnels d’apprentissage et d’expérimentation que sont les “fablabs”. »

Retrouvez la lettre de Zoé ainsi que la réponse de Benoît Aubert sur le site The Conversation

Photo : Plugged / Keoni Kabral via FlickrCC License by