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Inverser les rôles pour renverser les préjugés autour du code : c’est l’une des ambitions de la séance d’apprentissage de la programmation aux députés qui s’est tenue à l’Assemblée nationale, où des élèves de 4e et de 3e ont joué les professeurs le 19 janvier. L’occasion de s’intéresser à une pratique pédagogique devenue un atout de réussite dans les métiers du développement.

Qui sait, transmet : c’est un peu la logique enseignée et pratiquée par l’Ecole de programmation Simplon, où 12 collégiens montreuillois ont été initié aux rudiments de code informatique en septembre 2015. Forts de cette expérience, ces derniers ont été invités par le député PS Razzi Hamadi (Montreuil et Bagnolet) à partager leurs savoirs avec des élus lors d’une rencontre inédite au sein de l’Assemblée nationale.

Six députés socialistes se sont prêtés au jeu : Bruno Le Roux (Seine-Saint-Denis), Monique Iborra (Haute-Garonne), Alexis Bachelay (Hauts-de-Seine), Elisabeth Pochon (Seine-Saint-Denis), Erwann Binet (Isère), Sébastien Denaja (Hérault). Surpris de voir de si jeunes professeurs accompagner leurs gestes devant les écrans, tous sont loin d’être réticents. Erwann Binet (Isère) confie :

« Mon père avait déjà essayé de m’apprendre le code avec un ZX81 mais… c’était moins drôle. »

Apprenant et formateur : deux faces d’un même profil

Amusant pour les nouveaux participants, l’exercice du « reverse mentoring » – ou mentorat en français – est né dans les années 2000 du côté des entreprises soucieuses d’adapter leurs modèles de formations trop « verticaux » aux nouvelles générations. Et cette pratique de restitution du savoir, du plus jeune au moins jeune, du fraîchement employé au directeur expérimenté n’a pas pour seul bénéfice d’horizontaliser le partage de savoir : elle permet, à l’apprenant comme au formateur, de s’apporter mutuellement ce dont chacun peut manquer.

Du côté des enfants, c’est aussi une façon de se responsabiliser. Yassin Aghano, qui les a d’abord formés au code sur Minecraft chez Simplon, a constaté tout du long le sérieux avec lequel ils ont pris la mission.

« Au final, les enfants sont meilleurs que nous à cet exercice ! »

Tewfik, du collège Marcellin-Berthelot, avait déjà appris à coder seul sur la plateforme Minecraft, mais pour le jeune adolescent, l’exercice est ici totalement différent :

« C’est un honneur d’avoir été choisi par ma classe, et c’est une chance d’être ici… »

Un brin intimidé par les lieux et le sérieux de sa mission, Tewfik n’en oublie pas de jeter un œil sur les progrès de Monique Iborra (Haute-Garonne), déplaçant des blocs de briques pour transmettre des instructions à l’ordinateur sur le jeu Minecraft. En professeur bienveillant, il déclare :

« Elle est plutôt bonne élève, c’est bien! »

Après une heure de code à l’Assemblée, le verdict est donc tombé : apprendre à coder, « n’importe qui peut le faire ».

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