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Directrice de l’école élémentaire du Mont-Tournier, à Champagneux, en Savoie (73), Romance Cornet, membre du programme Microsoft Innovative Education Expert, est adepte d’un mode d’éducation coopératif, dans lequel l’élève est pleinement acteur de son propre apprentissage. Également enseignante en CM1-CM2, elle multiplie dans sa classe les projets dans tous les domaines : art, culture, sciences, environnement… Projets dans lesquels le numérique prend une place de plus en plus importante. Réseaux sociaux, email, messagerie instantanée : des outils qu’elle considère comme autant de moyens pour atteindre ses objectifs pédagogiques, et non comme une fin en soi.

On ne le dira jamais assez : l’équipement numérique des écoles – tableau blanc ou vidéoprojecteur interactifs (TBI, VPI), classe mobile, etc. –, a fortiori dans les établissements ruraux les plus isolés, est un facteur déterminant d’ouverture de l’école sur le monde et d’accès de tous les élèves aux nouvelles technologies. Romance Cornet peut en témoigner : « j’ai toujours utilisé l’ordinateur à modeste échelle dans ma classe, mais le manque de connexion ne me permettait pas de faire évoluer mes élèves dans cet espace. Depuis que j’ai les moyens techniques (TBI, classe mobile), j’ai pu donner une dimension autre non seulement à mon enseignement mais aussi à ma formation. Ma préparation des cours est plus dynamique, plus participative et plus riche. Je peux illustrer instantanément mes propos, trouver une réponse visuelle plus rapide aux questions de mes élèves. Ma classe est plus ancrée encore dans le monde à travers des projets via Twitter et l’ENT, et mes élèves sont plus aptes à comprendre les mécanismes du numérique, dans la mesure où ils testent les outils, en comprennent les intérêts et les limites ».

Dernier arrivé dans la trousse à outils numériques de l’enseignante : Skype. Romance Cornet l’utilise à trois niveaux : en tant qu’application indépendante ; via le programme Skype en classe ; et via la communauté Skype Mystère. « J’utilisais déjà Skype à titre personnel, explique l’enseignante, et j’ai découvert Skype en classe lors d’un projet de twictée (un dispositif d’apprentissage et d’enseignement de l’orthographe qui utilise, entre autres, le réseau social Twitter – NDLR) avec une école québécoise. Quant à Skype Mystère, je l’ai découvert à Ludovia, lors d’échanges avec des collègues ».

Des communautés à vocation extra-pédagogique

Skype Mystère est un jeu qui permet aux enfants d’apprendre la géographie, les différentes cultures et les différences entre les vies d’enfants à travers le monde. Une partie se joue entre deux classes distantes selon un principe très simple : chaque classe doit deviner la localisation géographique de l’autre en lui posant des questions. Une pratique courante consiste à confier un rôle précis (détective, penseur, cartographe… le choix est libre) à chaque élève, la difficulté résidant ensuite dans le fait que les questions sont fermées et ne peuvent obtenir comme réponse que « oui » ou « non ».

L’organisation d’une partie de Skype Mystère est extrêmement simple : Microsoft met à disposition, via la plateforme Microsoft Éducation, un annuaire Skype international d’enseignants amateurs du jeu. Il suffit alors de se mettre en relation avec l’un d’eux, de s’entendre sur les modalités de la partie et de s’appeler en visioconférence le jour dit.

« J’ai organisé mon premier Skype Mystère avec une classe aux Philippines, se souvient Romance Cornet. Le second, c’était avec une classe au Canada. Ça n’a pas posé de problème particulier. La plus grosse difficulté, ce n’est ni la langue, puisque c’était justement notre but commun que d’échanger en Anglais et en Français, ni la technologie. Non, la plus grosse difficulté, c’est de trouver un créneau commun en fonction du décalage horaire ! ».

L’activité Skype en classe est riche car, au-delà des appels, elle donne aussi accès à des leçons en ligne, à des visites virtuelles et permet même d’inviter, le temps d’un cours, un conférencier volontaire, qui exposera aux enfants un sujet dont il est expert : sciences, géographie, histoire… Aucune discipline n’est oubliée.

Skype s’intègre dans tous les projets

Les élèves de Romance Cornet participent par ailleurs à deux autres projets de grande envergure : Clément Aplati, d’après le livre de Jeff Brown (Flat Stanley, en version originale) et Savanturiers – École de la recherche.

Le premier consiste à faire voyager par voie postale un petit Clément – un personnage dessiné par les enfants – de classe en classe. À chaque étape, les élèves accueillant Clément doivent lui faire découvrir leur village, leur pays, leurs traditions, et lui faire pratiquer nombre d’activités avant de lui faire poursuivre son périple. Skype intervient pour l’organisation en amont et pour échanger entre les classes à chaque étape – et permet à Romance Cornet d’envisager d’envoyer Clément sous des latitudes lointaines : Pologne, Corée, Etats-Unis, Australie…

Quant au projet Savanturiers, il s’agit d’un programme développé par le Centre de Recherches Interdisciplinaires qui œuvre pour la mise en place de l’éducation par la recherche dans les établissements scolaires et les écoles. Il permet d’associer les classes à des partenaires chercheurs, appelés « mentors », qui guident les élèvent, répondent à leurs questions… Ici, Skype pallie l’impossibilité pour un chercheur de se déplacer physiquement dans la classe – un point sur lequel Romance Cornet insiste : « le numérique ne remplace évidemment pas le présentiel, mais dans notre cas, Skype compense notre isolement », explique-t-elle.

Comment utiliser Mystery Skype en classe ?